« Dès ce soir ». Ainsi avions-nous conclu notre manuel d’urgence pour la reprise en main du combat populaire en 2023 (Quand tu dors, la France bouge, Megamachina, 2023, consultable ici).

Ce mot d’ordre ne nous a pas quitté. La jeunesse nationaliste sait que si nous n’agissons pas pour tout reprendre, l’anti-France le fera pour tout nous prendre.

Ce texte est le fruit d’une réflexion fondée sur l’urgence d’agir.

Nous le publions pour les évènements d’aujourd’hui, mais plus encore pour ceux de demain. Le nationalisme français court en permanence le danger de l’anachronisme et la jeunesse active brûle de marcher à l’assaut du futur. En finir avec l’inertie, construire l’ordre nouveau sans pleurer l’ancien, rayonner de vitalité dans la zombifique apathie post-moderne : voilà le désir brûlant que nous avons tous, et ce papier tentera modestement d’y répondre.

Que s’est-il passé ?

Les émeutes du 17 octobre 2026 ne sont pas un monolithe. Elles sont la conjonction de deux phénomènes, convergents mais distincts.

La gauche militante a lancé cette opération, qui n’avait à l’évidence rien de spontané. À l’aide des mêmes procédés utilisés pour une mobilisation qui a eu lieu l’année dernière, elle a monté une forme de répétition générale, vraisemblablement pour préparer la campagne présidentielle. Le 10 septembre 2025 fut un coup d’épée dans l’eau parce que la spontanéité feinte n’a pas suffi à maquiller l’intention qui était celle de la gauche : prétexter la colère générale pour piloter un mouvement à son compte. Un sursaut populaire ne se décrète pas, et il n’est advenu ni le 10 septembre, ni l’an d’après. Le 17 octobre n’est pas un mouvement social.

Ce jour-là, les forces gauchistes n’ont rien accompli de nouveau… à une chose près. Elles ne sont pas parvenues à rameuter le chaland autochtone l’année dernière. Cette année, elles ont réussi à convoquer le contingent colonial.

Forte d’efforts inouïs consacrés à multiplier les appels du pied à des colons dont les rares préoccupations politiques tournent autour de leur nombril, la gauche est parvenue à les convoquer dans la rue pour autre chose qu’un massacre commis à l’autre bout du monde.

Il aurait été illusoire d’attendre du contingent barbaresque (voir Le Contingent, Megamachina, 2025, consultable ici) autre chose que la recherche non-différée de son intérêt le plus direct. C’est donc tout naturellement qu’après quelques affrontements avec les gendarmes, les cortèges qui se voulaient unitaires se sont scindés en deux groupes bien distincts, l’un composé du Front unique (méthode théorisée par Trotsky et la 3ème internationale, union de circonstance sur des sujets précis comme l’antifascisme), majoritairement autochtone, et l’autre composé des barbaresques. Les gauches ont pratiqué ce qu’elles savent faire, et les colons, rapidement hors de contrôle, se sont alors livré au pillage, aidés en cela par l’absence singulière d’effectifs répressifs.

Cet appartheid non décrété ne fut pas aussi chimiquement pur partout, et il existe des contre-exemples selon les villes où les razzias ont eu lieu. Mais la dynamique fut la même: chaque pôle de cette chimère politique n’obéit ni aux mêmes impératifs, ni aux mêmes méthodes.

Au cœur de l’émeute, la jeunesse nationaliste n’est pas demeurée inactive. Les partis pris par la multitude de nos mouvements furent différents, et l’idée n’est pas ici de dresser un retour d’expérience trop précoce. Nous avons néanmoins discuté avec nos camarades dans tous le pays pour recueillir leurs retours d’expérience avant de rédiger ce qui suit.

Malgré cette attitude combattive, l’échec national est indéniable. La rue fut monopolisée par le Front unique et les colons. Ce moment émeutier fut hors de tout contrôle nationaliste. Des milliers de petits commerçants ont vu l’œuvre d’une vie partir en fumée sans pouvoir compter sur personne. Le simulacre révolutionnaire a parfaitement attisé les stratégies sécuritaires du régime qui donne toujours du mou  à l’émeutier avant d’installer la tyrannie. Le chaos dans la rue n’a épargné personne… ou presque.

Aucun lieu de pouvoir étatique, aucune infrastructure décisive n’a été occupée par les centaines de milliers d’émeutiers qui ont sévi dans tout le pays le 17 octobre. Pas une préfecture n’a brûlé, contrairement aux mairies, qui sont pourtant les lieux de pouvoirs de proximité les plus utiles au quotidien des gens. Un grand marionnettiste qui aurait piloté cette chimère infernale à distance n’aurait pas pu mieux réaliser d’opération de sabotage régimiste que ce qui fut accompli le 17 octobre 2026 : une sordide mascarade.

Plus que jamais, la rue a besoin de la jeunesse nationaliste. Tous ceux qui s’y imposent n’ont jusque là produit que des désastres pitoyables et des cas d’école d’opposition contrôlée. À nous d’y retourner par tous les moyens possibles. Les Français sont exaspérés de voir le pays occupé par une clique d’inutiles gauchistes qui ont pourri la révolte bouillant dans le cœur des nôtres. La France vit encore sous le joug insupportable de ce régime déliquescent parce que la gauche les a dégoûtés de l’insurrection à force de la parodier. Elle a violé tous ses serments, trahi les volontés du peuple, démoralisé tous les espoirs. Si elle n’était pas polluée par l’excrémentiel Front unique, gardien farouche du vieux monde infect qui se délite sous nos yeux, la France scintillerait déjà sous le soleil de l’ordre nouveau et les centristes feraient des numéros de claquettes sur les tarmacs pour divertir les colons en attente de rapatriement.

Ce monde sans âme n’attend que nous pour crever. Sortons lui donner les derniers sacrements.

Ce qui peut être fait

Il y a au moins trois solutions au problème qui se pose présentement à la jeunesse nationaliste.

Le piratage

La première, c’est de prendre en main le mouvement à l’œuvre dans la rue. Cette solution existe ; un tel mouvement lancé par un nationalisme fort en hommes et en rayonnement aurait lessivé le contingent barbaresque à la seconde où il aurait montré le bout de son nez inélégant.